Rien, au commencement, il n’y avait rien, un bloc de vide inerte et pourtant palpable. Une interminable stagnation. Un engourdissement. Une excroissance du néant. L’éclat de la glace et de la transparence. Le matériel immatériel. Le visible invisible. Une pierre de lumière…


       Et puis, ce frisson…Un frémissement ? Un sursaut ? Un spasme ? Un froissement. Un crissement. Une goutte distillée dans l’illusion…Une larme peut-être…Une effraction assurément. Une imperceptible oscillation. Un friselis sur la glace…


        Et l’oscillation devint ondulation, vibration. Houle. Tremblement. Remous. Le bloc glissa, se plissa, se souleva…


       Il y eut alors une fêlure, un suintant fendillement. Une gerce. Le suprême étonnement du diamant. L’extrusion de la glace dans la glace. Un fragment ductile en reptation. Se raidissant, s’étirant. Contraction, esquive. Inclinaison, rotation. Subrepticement s’insinuant, se coulant, se glissant. Fragile mirage. Enclave de glace. Incrustation ou inclusion de vide dans le vide. Précipité bouillonnant dans le creuset de la glace.


       Et puis cette fracassante déchirure d’une conscience diaphane – involutions, évolutions – laissant  dans son sillage en spirale la dynamique de la Vie …

 

 

 

EmmA

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